Alcool au Quotidien

« A-t-on conscience que l’alcool est un problème ? »

Santé. « Un sevrage entrepris seul sans accompagnement médical et sans un traitement approprié comporte des risques importants, voire vitaux, selon l’importance de la consommation. »

« Il faut dénoncer le manque de moyens dans la prévention des addictions et les soins. »

« Il faut dénoncer le manque de moyens dans la prévention des addictions et les soins. » |

PHILIPPE RENAULT, OUEST-FRANCE

Yves Béliard (Morbihan) :

J’étais son époux et quand ma femme est tombée malade d’une addiction à l’alcool et de dépression, j’ai fait de mon mieux pour l’aider à combattre la maladie et pour protéger nos trois enfants.

Aujourd’hui, après son décès, je m’engage dans une démarche de témoignage (https://www.fh3g.net/) et également en participant à l’action d’une association d’entraide qui lutte au quotidien pour la réduction des risques et des dommages des addictions dont l’alcool. […]

Je réagis aujourd’hui à l’article titré : « La Bretagne a-t-elle un problème avec l’alcool ? » Et plus particulièrement à ce passage : « Le préfet a surtout pris conscience de la pression énorme que font peser ses défenseurs jusqu’aux associations d’aide au sevrage dont certaines sont financées par… les groupes alcooliers. »

Je veux dire mon incompréhension à voir réduire ainsi l’action des associations d’entraide de prévention et de soin à l’aide au sevrage, et laisser entendre une quelconque participation de nos associations aux actions de promotion de la consommation des groupes alcooliers.

Sans être un expert, je sais que le sevrage est une étape du parcours de soins vers l’abstinence ou la réduction de la consommation pour en diminuer les risques. Un sevrage entrepris seul sans accompagnement médical et sans un traitement approprié comporte des risques importants, voire vitaux, selon l’importance de la consommation.

Dans un contexte d’isolement renforcé par la pandémie, un sevrage obligé par une mesure d’interdiction de vente comportait des risques importants et les associations se devaient de le faire savoir.

Si des alcooliers participent aux financements de la prévention des risques qu’entraîne la consommation d’alcool pour améliorer leur image et étayer leurs argumentaires de vente, les associations ne sont évidemment ni dupes ni complices.

Il me paraît beaucoup plus important de mettre en avant l’action de l’ensemble des acteurs professionnels et bénévoles, pairs aidants, qui s’engagent au quotidien pour maintenir les liens et se tenir aux côtés des personnes souffrant d’addictions.

À la veille des assises de la santé mentale, il faut dénoncer le manque de moyens et d’engagement de notre système de santé dans la prévention des addictions et les parcours de soins.

Dans de nombreuses structures, les professionnels sont en souffrance, conscients des pertes de chances des usagers par manque d’effectifs et de moyens.

Concernant une nécessaire prise de conscience du problème alcool, monsieur le préfet peut, comme tout usager engagé, montrer l’exemple et participer à nos actions d’information et de prévention et en particulier pendant le prochain mois de janvier sans alcool.

Date de dernière mise à jour : 09/05/2021